Découverte des plus anciens restes humains de l’Amérique subarctique

         

La page d’accueil du site de la revue Science (Photo Loic Venance/AFP/Archives)

Jeudi 24 février 2011, 20h22
Les restes en partie carbonisés d’un des premiers habitants d’Amérique du Nord datant d’environ 11.500 ans, ceux d’un enfant de trois ans qui sont les plus anciens connus de cette région, ont été découverts en Alaska, selon des travaux dévoilés jeudi.

Cette excavation pourrait donner un éclairage exceptionnel sur les rites funéraires et les habitudes de vie des peuplades des zones subarctiques nord-américaines de la fin de l’ère glaciaire.

L’âge apparent des ossements retrouvés sur le site dans le centre de l’Alaska indique qu’il s’agit probablement des plus anciens restes humains trouvés à ce jour dans cette partie de l’Amérique du Nord, ainsi que ceux du second plus jeune enfant de l’âge glaciaire jamais découvert sur le continent.

« Ce site révèle de nombreux comportements, jamais vus auparavant dans cette partie du monde durant la période glaciaire. La préservation ainsi que l’absence de perturbation du site nous permettent de voir les habitudes de vie de ces peuples anciens sous un nouveau jour », explique Ben Potter, un archéologue à l’Université d’Alaska à Fairbanks, l’un des quatre co-auteurs de ces travaux qui font l’objet d’une communication publiée dans la revue américaine Science datée du 25 février.

Le squelette partiel de l’enfant a été trouvé dans un ancien foyer parmi les vestiges d’une habitation datant de la même époque, près de la rivière Tanana dans le centre de l’Alaska.

La datation au radiocarbone du bois trouvé sur le site indique que la crémation du corps de l’enfant remonte à environ 11.500 ans. A l’époque, le détroit de Béring, qui sépare l’Alaska de l’Asie, pouvait encore être traversé à pied sec.

Les premières analyses des dents de l’enfant par le bio-archéologue Joel Irish de l’Université d’Alaska confirment qu’il est biologiquement affilié aux Amérindiens et aux Asiatiques du nord-est.

Le site funéraire et les restes de l’habitation sont les plus anciens vestiges de ce type connus en Amérique du Nord subarctique, soulignent ces chercheurs.

Ils ont noté que le trou dans lequel se trouvaient les ossements en partie carbonisés –environ 20% du squelette à survécu aux flammes– contenait aussi des restes de petits mammifères, d’oiseaux et de poissons.

Dans la mesure où les restes de l’enfant se trouvaient au-dessus de ceux des animaux, ces archéologues en déduisent que cette fosse n’était pas initialement destinées à être une tombe.

D’autres indications laissent également penser que les occupants de cette habitation l’ont abandonnée après la crémation du corps de l’enfant.

Bien qu’en grande partie calcinés, les ossements restants pourraient encore contenir de l’ADN de l’enfant, selon les chercheurs.

Selon eux, cette découverte est significative car elle est révélatrice de l’intégration et de la synthèse de la technologie de l’âge de pierre, de l’affiliation culturelle, de l’économie de subsistance, de l’utilisation saisonnière du paléo-environnement ainsi que des changements climatiques à l’âge glaciaire en Amérique du Nord.

L’enfant a été baptisé Xaasaa Cheege Ts’eniin ce qui signifie dans la langue inuit « l’enfant de la bouche de la rivière du soleil levant ».

Ce site avait initialement retenu l’attention des archéologues qui y avaient découverts des traces de présence humaine remontant à environ 13.200 ans.

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