Ségolène Royal trace sa route

06/03/2011

Ségolène Royal trace sa route

La candidate déclarée aux primaires socialistes poursuit sa campagne, malgré de mauvais sondages et le scepticisme de ses camarades.

Par Claire Meynial

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De notre envoyée spéciale à Nantes, Charlotte Chaffanjon

Ségolène Royal fonce tête baissée. Depuis qu’elle a déclaré sa candidature aux primaires, en novembre dernier, elle stagne très bas dans les sondages, mais peu importe. La présidente de la région Poitou-Charentes semble imperturbable, imperméable aux critiques des siens et des autres, qu’elle ne connaît que trop bien.

De la Guadeloupe au Poitou, elle part à la rencontre de l’électorat qu’elle avait séduit en 2007 et qu’elle aimerait conquérir de nouveau. Entre deux déplacements, elle peaufine son projet présidentiel lors des universités populaires et participatives de Désirs d’avenir, apporte son soutien lorsqu’un candidat aux cantonales la sollicite ou alimente son compte Twitter et sa page Facebook entre deux déplacements.

Vendredi, c’est à Nantes qu’on la retrouve. Sur le quai de la gare, la candidate est accueillie par le président du conseil général de Loire-Atlantique Patrick Mareschal. Ils prennent la direction de l’hôtel du département. En arrivant, nous y croisons Jean-Marc Ayrault, qui lâche : « Je passe dire un petit bonjour. »


« Aimons-nous, aidons-nous ! »

Le maire de Nantes fait finalement bien plus… À la tribune, il salue « l’opiniâtreté » de l’ex-candidate à la présidentielle. « Si tu as beaucoup de qualités, celle-ci doit être reconnue en premier, dit-il : tu ne renonces jamais et tu sais combien nos concitoyens attendent pour 2012 un changement en profondeur de la politique de la France. » Un peu plus et l’on rangerait ce proche de François Hollande dans la case des soutiens de Royal… Ce serait oublier qu’Ayrault, en tant que patron des députés PS à l’Assemblée, tient à conserver une certaine neutralité. Oublier aussi que Ségolène se contente d’une équipe réduite aux très fidèles. Najat Vallaud Belkacem, la députée Delphine Batho, la maire du 4e arrondissement de Paris Dominique Bertinotti et bien sûr le jeune maire de Laval Guillaume Garot, présent à ses côtés à Nantes.

En réponse à l’hommage de Jean-Marc Ayrault, Ségolène Royal s’enthousiasme sur la fraternité. « Rien ne pouvait (lui) faire plus plaisir » que l’exposition sur le sujet mise en place par le conseil général et à laquelle elle vient de faire un tour. Elle a pu y admirer cette bannière offerte par la ville de Nantes en 1904 à la Fédération nationale des mutuelles de France, barrée d’une devise qu’elle pourrait faire sienne : « Aimons-nous, aidons-nous »… Quelques mètres plus loin, en passant devant une édition de Un souvenir de Solférino, d’Henry Dunand, datée de 1863, elle souffle à Ayrault : « Ah ! Tu vois, on n’est pas très loin… »

« On se tient la main »

Pas très loin, mais pas tout à fait là non plus. Une petite heure plus tard, en arrivant devant une maison de retraite qu’elle s’apprête à visiter, elle rechigne à commenter l’affaire Jean-Noël Guérini, qui fut pourtant un soutien de poids lors du congrès de Reims : « Le sujet que je viens traiter ici est trop important. On vient parler de la dépendance, du vieillissement. Je travaille avec détermination, application, obstination. » Finalement, elle finira pas lâcher : « Le PS doit être exemplaire, irréprochable [et doit] faire ce qu’il y a à faire. »


 » Mais elle considère en fait que ce n’est pas là son affaire. D’ailleurs, elle a déjà filé dans la salle à manger, où les retraités sont à l’heure du thé. À cette dame en fauteuil roulant, aveugle, elle tient la main. « Vous reconnaissez peut-être ma voix ? » demande Royal. « Oui, mais je ne peux pas vous voir », répond la pensionnaire. « Mais on se tient la main, on peut se voir par le toucher », rétorque Royal. La dame semble sincèrement heureuse et entame une conversation qui durera de longues minutes. Il y a dans cette scène ce qui a fait le succès de la candidate : l’empathie, l’aisance dans le rapport à l’autre.


« Royal est rebelle »

Mais cela peut-il encore suffire ? Ceux qui ont travaillé à ses côtés, puis qui sont partis – et ils sont nombreux – sont convaincus qu’elle n’a aucune chance de décoller. Imprévisible, désorganisée, solitaire… Les arguments sont connus. « Royal, c’est fini, elle ne se renouvelle pas », sanctionne une députée qui fut proche. L’entourage actuel balaye. Interpréter les sondages d’une campagne sans candidat n’a pas d’intérêt, selon eux. « Que vont faire Aubry, Hollande, DSK ? Aujourd’hui, nous sommes dans le virtuel ; c’est le 13 juillet, date de dépôt des candidatures aux primaires, que l’on pourra commencer à analyser la situation. »

D’ici là, ils louent « le courage » de leur championne. « Quand elle entame un combat, Royal ne se dit pas je vais perdre ou je vais gagner, elle l’entame », assure-t-on dans son équipe. Dominique Bertinotti nous disait début janvier sur le chemin de Jarnac, où le PS allait rendre hommage à François Mitterrand, que si Royal peut déstabiliser, c’est parce qu' »elle se rebelle vis-à-vis d’un conformisme de la pensée et d’un conformisme du comportement ». Et la rebelle trace sa route.

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