La France tente de minimiser le désaccord avec la Chine sur la Libye

La France tente de minimiser le désaccord avec la Chine sur la LibyeLes présidents Nicolas Sarkozy et Hu Jintao, mercredi 30 mars, à Pékin © Eric Feferberg / AFP

Le Point.fr – Publié le 30/03/2011 à 16:22 – Modifié le 30/03/2011 à 16:36

La Chine a sévèrement reproché à la France sa position sur le dossier libyen, mercredi. La diplomatie française n’y voit que « nuance ».

De notre correspondante à Pékin, Caroline Puel

À en croire une source française, la Libye ne fait en aucun cas l’objet d’une divergence franco-chinoise. Tout juste le président Hu Jintao aurait-il exprimé une « nuance », une « interrogation inquiète » sur le fait que les bombardements en Libye débouchent sur « des difficultés ». « Clairement, le président Hu souhaitait très bien recevoir le président Sarkozy, leur conversation est restée chaleureuse et amicale », s’est-on félicité de même source après la rencontre entre les deux chefs de l’État mercredi.

Pourtant, les propos du président Hu Jintao, relayés par la télévision chinoise CCTV, suggèrent plus qu’une « nuance ». « Le but de la résolution est d’arrêter les violences et de protéger les civils », mais « si les actions militaires apportent le désastre aux civils innocents et aggravent la crise humanitaire, cela pourrait violer l’esprit originel de la résolution du Conseil de sécurité », a déclaré le président chinois.

Sur le fond, les autorités chinoises ne portent pas spécialement Kadhafi dans leur coeur. À plusieurs reprises dans le passé, le leader libyen s’est montré critique des développements chinois en Afrique qui sont venus contrarier ses propres projets de rayonnement régional. Pékin a même voté en faveur de la résolution 1970 des Nations unies qui prévoit de demander à la Cour internationale de justice de s’intéresser au cas Kadhafi. Mais Pékin et Tripoli s’entendaient sur l’exploitation pétrolière. Plus de 30 000 Chinois qui travaillaient sur le sol libyen ont d’ailleurs été rapatriés lors d’une opération massive au mois de février. L’intervention militaire des Occidentaux entraîne donc une reconsidération chinoise des perspectives économiques et des investissements dans cette région, ce qui inquiète Pékin tout autant que les risques de déstabilisation politique.

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