L’AIEA n’est pas le gendarme de la sûreté nucléaire

Centrale nucléaire du Bugey

© Paysages du temps – Flickr – C.C.

Le 28 avril 2011 par Ana Lutzky

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est bien le « gendarme » de la non-prolifération nucléaire. Mais pas celui de la sûreté des installations, qui reste actuellement du seul ressort des gouvernements. C’est ce qu’a souligné ce jeudi 28 avril à Paris son directeur général, Yukiya Amano.

« Tel est l’accord actuel. Que ce soit le meilleur accord possible ou qu’il faille penser différemment, c’est quelque chose que nous devons examiner« , a-t-il ajouté, à l’issue d’une réunion à Paris avec le conseil de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Mais d’une manière ou d’une autre, « la sécurité d’abord » doit devenir le maître mot du nucléaire dans le futur, a-t-il estimé. Une conférence ministérielle sur la « sécurité nucléaire à la lumière de l’accident de Fukushima » sera organisée fin juin à Vienne par l’AIEA. Elle abordera « la sûreté nucléaire en général« , et pas seulement la situation dans la centrale japonaise.

« Il y a un soutien important en faveur de l’électronucléaire au Japon, ainsi que dans les autres pays. Je prévois que l’électronucléaire restera une option (énergétique) importante, et c’est pourquoi il faut renforcer la sûreté« , a jugé le directeur général de l’AIEA.

Le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, a quant à lui indiqué que son organisation accueillerait les 7 et 8 juin une réunion du G8 et du G20 pour préparer la conférence de Vienne.

Refonte de l’échelle INES

L’OCDE et l’AIEA coopèrent étroitement sur un grand nombre de sujets, comme la révision de l’échelle internationale INES des événements nucléaires ou la révision des normes de sûreté, a-t-il assuré. « De nombreuses leçons peuvent être tirées de l’accident de Fukushima, en matière de conception, d’exploitation, de maintenance et de construction des futures centrales« , a insisté Angel Gurria.

Dans une interview aux Echos aujourd’hui, Luis Echavarri, directeur général de l’agence pour l’énergie nucléaire (AEN) de l’OCDE, prévoit une refonte de l’échelle des accidents nucléaires. L’AEN va proposer une discussion internationale pour revoir la pertinence de cette échelle. « Cela pourrait par exemple conduire à réduire l’accident japonais au niveau 6 ou monter le niveau de Tchernobyl au niveau 8, qui n’existe pas encore« , a-t-il expliqué.

Interrogé par le quotidien économique, il a pointé du doigt le bien-fondé des décisions prises au lendemain de la catastrophe. « C’est une erreur de fermer une centrale pour des raisons politiques. Il faut répondre de manière rationnelle. Certains réacteurs allemands qui ont été arrêtés sont parmi les meilleurs et les plus sûrs qui existent ! » Tout en prévoyant un gel des commandes de nouveau réacteur tant que le retour d’expérience du Japon ne serait pas fait. « C’est beaucoup plus cher d’arrêter un chantier que de le modifier. Mais si le chantier n’est pas commencé, il est raisonnable d’attendre. De même qu’il serait imprudent de signer une commande de nouveau réacteur aujourd’hui alors que nous n’avons pas encore tiré toutes les leçons de Fukushima« .

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