La présidence du FMI en question

16.05.2011 | 13:55

Le numéro 2 John Lipsky assure l’intérim de Dominique Strauss-Kahn, inculpé de tentative de viol. Angela Merkel défend l’idée d’une nouvelle présidence européenne de l’institution.

Le Fonds monétaire international a annoncé dimanche soir avoir repoussé à lundi 18 mai la réunion informelle de son Conseil d’administration qui doit être consacrée à son directeur général Dominique Strauss-Kahn, inculpé de tentative de viol.
Plusieurs heures après l’inculpation de Dominique Strauss-Kahn pour agression sexuelle par le parquet de New York, le FMI a annoncé que John Lipsky, numéro deux de l’institution, assurerait l’intérim à la direction générale.
Le porte-parole du FMI a précisé que John Lipsky, qui avait déclaré jeudi qu’il ne solliciterait pas le renouvellement de son mandat qui prend fin en août, organiserait une réunion avec les membres du conseil du FMI pour les tenir au courant des derniers développements.
« Conformément aux procédures du FMI, John Lipsky, premier directeur général délégué devient directeur général intérimaire pendant que le directeur général n’est pas à Washington », note le porte-parole, cité dans un communiqué.
Nemat Shafik, autre directeur général délégué du FMI, se rendra à la place de Dominique Strauss-Kahn à la réunion de l’Eurogroupe programmée lundi à Bruxelles, ajouté l’institution basé à Washington.

« Des retards à court terme pour la Grèce »

Peu avant le communiqué du FMI, Wolfgang Schäuble, ministre des Finances allemand, a dit que l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn n’affecterait pas les discussions sur le Mécanisme européen de stabilité au programme de la réunion des ministres des Finances de la zone euro de lundi.
« Le FMI est une grande institution, toujours capable de fonctionner. Il y aura un remplacement (de Dominique Strauss-Kahn) lors de la réunion de l’Eurogroupe de demain », avait-il dit avant que le FMI n’officialise le nom de ce remplaçant.
A Athènes, un porte-parole du gouvernement grec a déclaré que l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn n’influerait en rien sur la détermination de la Grèce à mettre en place les mesures d’austérité conditionnant le plan d’aide du FMI et de l’Union européenne.
Cependant cette inculpation pourrait être cause de retards à court terme étant donné que certaines réunions auxquelles devait assister Dominique Strauss-Kahn sont annulées, a déclaré plus tôt un haut responsable grec.
« Ceci (l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn) va certainement être source de quelques retards sur le court terme. Dominique Strauss-Kahn avait une très bonne connaissance de la situation grecque », a déclaré le haut responsable grec déjà cité sous le sceau de l’anonymat. « Mais cela ne changera pas la politique du FMI pour le Grèce. La Grèce continuera de mettre en oeuvre son programme. »

Une présidence européenne

La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré de son côté lundi voir « de bonnes raisons » pour que l’Europe garde la direction du FMI, tout en appelant à respecter la présomption d’innocence à l’égard de son directeur général. Selon le porte-parole du gouvernement allemand, il y aurait « de bonnes raisons » pour que le successeur éventuel du français soit un autre Européen.
« L’Europe n’est pas abonnée au poste de directeur général », a déclaré lors d’un point de presse le porte-parole du gouvernement Steffen Seibert, en réponse à une question. Mais « dans la situation actuelle » de crise de la dette en zone euro, une situation qui accapare beaucoup le FMI, « il y aurait quand même aux yeux du gouvernement de bonnes raisons de trouver un bon candidat européen, », a-t-il poursuivi.
« Nous allons en discuter avec nos partenaires internationaux », a-t-il ajouté, « si jamais on avait besoin d’un successeur ».
La presse évoque déjà un certain nombre de scénarios, et fait défiler les noms de candidats potentiels. Parmi eux la ministre de l’Economie française Christine Lagarde, le président de l’OCDE Angel Gurria, originaire du Mexique, ou des candidats indiens. L’Italien Mario Draghi, grand favori pour la présidence de la BCE, a fait savoir qu’il n’était « pas du tout intéressé » pour succéder éventuellement au Français Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI, selon une porte-parole de la Banque d’Italie.
Le directeur général du FMI est un Européen depuis la création de l’institution après la deuxième guerre mondiale, mais le rôle croissant des économies émergentes dans le paysage économique mondial a aiguisé les appétits de ces pays pour ce poste.

(Challenges.fr)

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