BFMTV – Royal (2/2): « J’ai des différences avec Hollande sur le contenu de la réforme fiscale, avec Aubry sur la question de l’immigration: il faut revenir au débat d’idées » (TEXTE/VIDEO)

« Ce que vous sous-entendez, c’est que le fait que j’ai vécu avec François Hollande m’empêcherait d’avoir une identité politique ? Mais ce n’est pas un peu misogyne, là, ce que vous êtes en train de dire ? », finit par souligner Ségolène Royal à un Jean-Jacques Bourdin particulièrement déchaîné dans cette seconde parie de Bourdin 2012 sur BFM TV et RMC hier matin, dans un propos haché par Jean-Jacques Bourdin qui lui coupait systématiquement la parole tous les 3 mots.

Il faut dire que Ségolène Royal l’avait touché en plein cœur en rétorquant à une tirade vicieuse de Jean-Jacques Bourdin.

Ségolène Royal avait expliqué :

« Vous savez, quand on met en scène ou quand on invente des personnages providentiels, c’est le signe d’une paresse intellectuelle. Et c’est le signe qu’on met de côté les débats. »

Ce à quoi Jean-Jacques Bourdin avait narquoisement lancé : « Ça veut dire qu’au Parti socialiste on est dans la paresse intellectuelle ? ». Et Ségolène Royal avait rétorqué : « Non ! Dans les médias on est dans la paresse intellectuelle. ». Un coup de boomerang qui n’avait pas plu à Jean-Jacques Bourdin.

Mais les interruptions nombreuses, les remarques acerbes du journaliste n’ont pas ébranlé Ségolène Royal. On s’en rend compte, l’adversité et la confrontation renforcent Ségolène Royal. Ses propos sont plus précis, plus percutants que jamais, et malgré le flot de questions récurrentes sans intérêt pour résoudre les problèmes des Français, Ségolène Royal arrive toujours à faire passer et à répéter ses idées.

« Vous savez, quand on met en scène ou quand on invente des personnages providentiels, c’est le signe d’une paresse intellectuelle. Et c’est le signe qu’on met de côté les débats. » : tel était en effet le propos de Ségolène Royal, le débat d’idées :

« Il faut revenir rapidement au débat d’idées, pour que les Français puissent choisir, et que ce ne soient pas les sondages qui imposent au peuple français le choix démocratique auquel ils ont droit, et croyez-moi, je serai la garante de la qualité de ce débat. »

L’interview aurait pu se terminer sur la phrase précédente, indiquant clairement les priorités – « honnêtement, je pense qu’il y a tellement de travail à faire, et de sujets sur lesquels nous devons débattre, que nous en avons assez de cette accumulation de sondages qui remplace le débat politique » soulignait Ségolène Royal.

Mais la question d’un auditeur en bout de course nous ramena à l’éternelle question : « Oui ou non est-ce que vous êtes toujours candidate aux primaires socialistes ? », complétée par Jean-Jacques Bourdin :« Et vous irez au bout ? »

Ségolène Royal a alors conclu, soulignant qu’il était « assez désagréable d’être obligée de réaffirmer » :

« Je vais vous dire moi, j’ai donné une parole, je ne veux absolument pas lâcher ceux qui m’ont fait confiance et qui continuent à me faire confiance. Je me déplace dans toute la France, je suis enraciné sur le territoire, partout les salles sont combles, j’ai une capacité d’écoute, et je veux être la porte-parole de ceux qui justement n’ont pas la parole et qui n’arrivent pas à se faire entendre. »

Frédérick Moulin

 http://youtu.be/jEljBpJKfEw

Retranscrit par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal/ F.M.

Jean-Jacques Bourdin : notre invitée ce matin, Ségolène Royal. Ségolène Royal, j’ai une question très directe à vous poser.

Ségolène Royal : oui.

Jean-Jacques Bourdin : est-ce que vous n’avez pas la sensation qu’au Parti socialiste aujourd‘hui, il y a un slogan : « Tout sauf Hollande. » ?

Ségolène Royal : absolument pas.

Jean-Jacques Bourdin : non ?

Ségolène Royal : alors non, il faut arrêter, il faut arrêter que les uns et les autres se victimisent. Qu’est-ce qui vous fait… qu’est-ce qui v… non, mais, je ne sais pas, il y a …

Jean-Jacques Bourdin, en même temps que la fin de la phrase de Ségolène Royal : pourquoi, vous pensez qu’il se victimise François Hollande ? Non, non, parce que j’entends les caciques du Parti socialiste appeler à la réunion du Parti autour de Martine Aubry, de…. Non ? Parce qu’il est en tête dans tous les sondages, François Hollande, maintenant. Il a remplacé Dominique Strauss-Kahn, si j’ai bien compris.

Ségolène Royal : oui… vous avouerez que c’est quand même assez étrange.

Jean-Jacques Bourdin : pourquoi ?

Ségolène Royal : eh bien que les médias et que les instituts de sondage n’aient pas tiré la leçon de ce qui vient de se passer.

Jean-Jacques Bourdin : c’est-à-dire ?

Ségolène Royal : eh bien, vous croyez qu’il est judicieux de passer d’un homme providentiel à un autre ? C’est de… C’est de la compulsion…

Jean-Jacques Bourdin : donc aujourd’hui c’est considéré comme providentiel, François Hollande ?

Ségolène Royal : « Freud dirait que c’est de a compulsion de répétition, ça »

Ségolène Royal : Freud dirait que c’est de a compulsion de répétition, ça. Vous savez, quand on passe… quand on parle, quand on met en scène ou quand on invente des personnages providentiels, c’est le signe d’une paresse intellectuelle. Et c’est le signe qu’on met de côté les débats de.. Attendez… Attendez, laissez-moi… laissez moi…

Ségolène Royal : « Quand on met en scène ou quand on invente des personnages providentiels, c’est le signe d’une paresse intellectuelle. Et c’est le signe qu’on met de côté les débats »

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole, et parlant en même temps que Ségolène Royal : ça veut dire qu’au Parti socialiste on est dans la paresse intellectuelle ?

Ségolène Royal : non ! Dans les médias on est dans la paresse int…Attendez.

Jean-Jacques Bourdin, l’interrompant brusquement : dans les médias on est dans la paresse intellectuelle, oui ?

Ségolène Royal : attendez, en 3 jours, il y a eu 4 sondages, on est assommé par ces sondages…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant vivement la parole : beh, faut dire qu’y vous sont pas favorables, vous êtes à 8-9% !

Ségolène Royal : ça ne me dérange pas, figurez-vous. Parce que je pense que le peuple profond ne se laisse pas manipuler par les sondages, et qu’ils en ont assez de l’invention d’hommes ou de femmes providentiels, et je dirais la même chose si c’était mois qui arrivais en tête des sondages, figurez-vous, parce que…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : ça a été le cas il y a quelques années, hein.

Ségolène Royal : … attendez, parce que je pense qu’aujourd’hui les Français…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant encore la parole : vous étiez providentielle.

Ségolène Royal : « Je pense qu’aujourd’hui les Français ont le droit d’accéder au diagnostic, à l’analyse, à la comparaison, à la clarification des enjeux, au choix de ce qui va se passer pour la France de demain, à la façon dont l’élection présidentielle va changer concrètement leur vie »

Ségolène Royal :les Français ont le droit d’accéder au diagnostic, à l’analyse, à la comparaison, à la clarification des enjeux, au choix de ce qui va se passer pour la France de demain, à la façon dont l’élection présidentielle va changer concrètement leur vie, sur les revenus, sur les bas salaires, sur les retraites, sur le pouvoir d’achat, on le disait tout à l’heure, sur la mutation écologique qui peut permettre à la France de renouer avec la croissance économique, sur la lutte contre les inégalités, sur le fait de remettre debout l’école et la santé, sur les valeurs morales qui doivent quand même revenir au cœur de l’organisation de la société, sur les droits et les devoirs, sur le donnant-donnant, bref, restructurer la société française, lui redonner des codes, des repères, faire en sorte que les enfants à l’école soient correctement éduqués, soient orientés vers la réussite scolaire et le sens de l’effort, que les parents aient la responsabilité d’éduquer correctement leurs enfants, que les responsables politiques donnent l’exemple sur les comportements et sur une éthique personnelle.

Honnêtement, je pense qu’il y a tellement de travail à faire, et de sujets sur lesquels nous devons débattre, que nous en avons assez de cette accumulation de sondages qui remplace le débat politique. Moi, je n’accepte pas cela, et je continuerai de toutes mes forces en étant engagée sur le terrain comme on l’a vu tout à l’heure par exemple auprès des agriculteurs.

Ségolène Royal : « Honnêtement, je pense qu’il y a tellement de travail à faire, et de sujets sur lesquels nous devons débattre, que nous en avons assez de cette accumulation de sondages qui remplace le débat politique »

Je serai à Toulouse dimanche, j’étais en Lorraine récemment où j’ai donné la parole à des salariés en grève, notamment une femme qui est mère de famille, qui gagne 980 euros par mois, 980 euros par mois en travaillant parce qu’on lui retire de sa paye les tickets restaurants, elle a 100 kilomètres à faire par jour, donc elle met déjà une partie de son salaire dans son réservoir, et aujourd’hui, elle est en grève pour obtenir 150 euros d’augmentation. Voilà aujourd’hui la réalité des petits salariés en France.

Et pour ça il y a des solutions. Car la question que se posent les Français, c’est de savoir si la politique sert encore à quelque chose. Moi je voudrais dire à vos auditeurs que oui, la politique sert encore à quelque chose, que nous avons une marge de manœuvre, qu’il y a…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : vous pensez que la politique a été abîmée par l’affaire Strauss-Kahn ?

Ségolène Royal : mais pas seulement par cette affaire, la politique elle est abîmée par l’affaire Mediator. Regardez, il n’y a toujours pas de justice dans cette affaire, il y a des malades qui sont morts d’un médicament, il y a Monsieur Servier qui est en connivence avec le pouvoir, qui n’est toujours pas jugé. Regardez l’affaire Tapie, 40 millions d’euros d’indemnisation de son ‘préjudice moral’, et… Attendez !

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : vous pensez que Christine Lagarde ne sera pas directrice générale du FMI à cause de l’affaire Tapie, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : je ne sais pas. Je pense en tout cas qu’il faut que les choses soient clarifiées parce qu’on ne peut pas, un pouvoir en place ne peut pas donner 40 millions d’euros à Bernard tapie sous prétexte qu’il a soutenu le président de la République pendant la campagne présidentielle et ne rien faire pour les victimes du Mediator, ne rien faire pour les victimes de l’amiante, ou si peu : vous vous rendez compte que ceux qui sont mort à cause de ce scandale de l’amiante ont reçu 15 000 euros, et Bernard Tapie 40 millions d’euros.

Ségolène Royal : « Vous vous rendez compte que ceux qui sont mort à cause de ce scandale de l’amiante ont reçu 15 000 euros, et Bernard Tapie 40 millions d’euros. Avec Nicolas Sarkozy, les riches sont toujours plus riches, les ‘moyens’ s’appauvrissent, et les petits salariés et les petits retraités sont tirés vers la pauvreté »

Est-ce que c’est juste, ça, dans notre société ? Non. Avec Nicolas Sarkozy, les riches sont toujours plus riches, les ‘moyens’ s’appauvrissent, et les petits salariés et les petits retraités sont tirés vers la pauvreté.

Est-ce qu’il y a une autre façon de distribuer les richesses ? Oui, il y a une autre façon de distribuer, parce que le gâteau de la production, en période de crise, diminue, c’est vrai, mais qu’est-ce qu’on voit aujourd’hui ? C’est que la part des riches, elle ne diminue pas, elle augmente.

Pourquoi ? Parce qu’ils ne veulent pas lâcher leur part. Donc du coup, les moyens et les petits, eux, sont tirés vers le bas et perdent en niveau de vie, en pouvoir d’achat. Eh bien moi je veux, je veux, et c’est le sens de mon engagement dans la campagne présidentielle, que l’élection présidentielle change concrètement, en améliorant la vie des gens. Voilà. C’est ça l’enjeu.

Jean-Jacques Bourdin : Ségolène Royal, il y a un débat ouvert par la presse anglo-saxonne qui s’attaque à la culture française dite ‘du secret’. Est-ce que vous pensez que… euh… voilà ce qu’écrit le Guardian, par exemple : « La question gênante dans les médias français, la politique de deux mondes parallèles, ce qui est imprimé et ce qu’il y a derrière, les commérages et ce qui doit rester officiellement les non-dits. ». Alors on est très accusé, il paraît qu’il y a complicité entre les politiques et les journalistes. Ce sont des accusations venues des pays anglo-saxons. Vous pensez qu’il y a connivence ? Vous pensez qu’on cache beaucoup de choses, que les journalistes français cachent beaucoup de choses sur la vie privée des politiques, de nos politiques ?

Ségolène Royal : il y a une certaine connivence, ça c’est vrai, mais il faut trouver un juste équilibre. Vous savez, c’est comme tout le reste ça, il faut des règles et s’y tenir. À la fois les politiques sont vulnérables, sont exposés, sont pourchassés par les paparazzis, etc., et ça c’est inacceptable, donc il faut respecter les règles et respecter la vie privée, et en revanche dans le système…

Jean-Jacques Bourdin, l’interrompant : cela dit les politiques sont très heureux quand Paris Match fait leur une, ou sa une avec euh… avec euh… avec euh… un responsable politique, non ?

Ségolène Royal : oh je ne sais pas. Franchement, non. Ffff, non, je … franchement je pense que les Français… non, je pense que la peoplisation ou la publication de photos privées dégrade la vie politique, et donc pas du tout, c’est pas du tout recherché.

En revanche, peut-être que le système anglo-saxon est quand même très excessif, parce que là, vraiment, ça va fouiller dans la vie des gens, et ça je crois que ce n’est pas acceptable, donc c’est comme dans les autres domaines : il faut un juste équilibre…

Jean-Jacques Bourdin : un juste équilibre.

Ségolène Royal : « Il faut trouver un juste équilibre. Vous savez, c’est comme tout le reste ça, il faut des règles et s’y tenir »

Ségolène Royal : … entre la lutte contre l’hypocrisie, d’ailleurs c’est vrai que quelqu’un qui va mettre en avant ou mettre en scène sa vie de famille, et qui d’un autre côté se comporte fort mal ou ne respecte ni sa femme ni ses enfants, à ce moment-là dans le système anglo-saxon, il y a une règle comme quoi c’est mis sur la place publique, en France, c’est vrai qu’il y a une omerta.

Jean-Jacques Bourdin : alors vous allez parler du comportement de Dominique Strauss-Kahn ou pas, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : je ne veux pas revenir là-dessus, je crois que nous en avons assez parlé.

Jean-Jacques Bourdin : bon. Alors moi j’ai une autre question à vous poser : est-ce que vous accepteriez, dans le cadre des primaires, un face-à-face avec François Hollande ?

Ségolène Royal, après un blanc : François Hollande est un …

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : je parle sur le terrain politique.

Ségolène Royal : … est un responsable politique, donc il a parfaitement le droit d’être candidat

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : non mais je vous pose la question quand même, dans le cadre des primaires socialiste, est-ce que vous accepteriez…

Ségolène Royal, l’interrompant : bien pourquoi pas ?

Jean-Jacques Bourdin : … un face-à-face …

Ségolène Royal : … pourquoi…

Jean-Jacques Bourdin : … télévisé avec François Hollande ?

Ségolène Royal : pourquoi me posez-vous cette question ?

Jean-Jacques Bourdin : non, je vous pose cette question, parce que j’envisage de l’organiser, hein. Sur un terrain purement politique, Ségolène Royal.

Ségolène Royal : mais le fait-même, le fait-même que vous me posiez cette question, pose question si j’ose dire.

Jean-Jacques Bourdin : mais pourquoi ?

Ségolène Royal : mais, pourquoi me posez-vous… est-ce que vous po…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : je vous pose cette question parce que ça me paraît très, très intéressant !

Ségolène Royal : mais de même que j’accepterais, mais de même que j’accepterais avec Martine Aubry, de même que j’accepterais avec…

Jean-Jacques Bourdin : bon ben très bien… eh bien alors très bien… alors y’a pas de débat !

Ségolène Royal : si, parce que ce que vous s…

Jean-Jacques Bourdin, l’interrompant : non.

Ségolène Royal : attendez ! Ce que vous sous-entendez…

Jean-Jacques Bourdin, l’interrompant : non.

Ségolène Royal : ce que vous sous-entendez, c’est que le fait que j’ai été…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : que vous ayez vécu avec lui…

Ségolène Royal : m’empêcherait…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : oui.

Ségolène Royal : … d’avoir une identité politique ? Mais c’est pas un peu misogyne, là, ce que vous êtes en train de dire ?

Jean-Jacques Bourdin : mais pas du tout. Je vous pose la question est-ce que vous accepteriez un débat avec François Hollande ?

Ségolène Royal : mais Monsieur Bourdin,  nous sommes des responsables politiques…

Jean-Jacques Bourdin : hmm. Eh bien très bien !

Ségolène Royal : … nous avons chacun une identité politique, au même titre que les autres responsables politiques…

Jean-Jacques Bourdin : eh bien au moins c’est clair !

Ségolène Royal : François Hollande n’est pas mon ancien conjoint, François Hollande est politiquement un responsable politique. Je ne suis pas son ancienne conjointe, politiquement ? Je suis une responsable politique avec mon identité politique…

Jean-Jacques Bourdin, lui coupant la parole : au moins les choses sont claires.

Ségolène Royal : « Nous avons des différences politiques très importantes […] sur le contenu de la réforme fiscale, moi je ne suis pas favorable par exemple à la hausse des impôts que François Hollande recommande »

Ségolène Royal : et nous avons des différences politiques très importantes, sur la conception de la gouvernance, sur les priorités qu’il y a à mettre en avant pour redresser le pays, sur le contenu de la réforme fiscale, moi je ne suis pas favorable par exemple à la hausse des impôts que François Hollande recommande, et d’ailleurs en tant que présidente de région je suis la seule à ne pas avoir augmenté les impôts depuis 6ans, je suis la seule à ne pas avoir prélevé la TIPP sur l’essence, parce que je ne voulais pas, justement, baisser le pouvoir d’achat des gens.

Donc voilà, nous avons des différences, même si nous faisons partie du même socle socialiste, et que le projet socialiste nous est commun, de même que j’ai des différences avec Martine Aubry sur la question de l’immigration, je suis beaucoup plus rigoureuse sur la question de la lutte contre l’immigration notamment de la lutte contre l’immigration clandestine, parce que j’estime qu‘elle pèse sur les catégories populaires qui sont déjà dans des quartiers qui sont déjà en difficulté, et que ça pèse sur les étrangers en situation régulière, parce que du coup, certains employeurs qui se comportent mal font une pression à la baisse des salaires si l’immigration n’est pas contrôlée.

Donc vous voyez que nous avons en effet des différences, et c’est bien la raison pour laquelle il faut revenir rapidement au débat d’idées, pour que les Français puissent choisir, et que ce ne soient pas les sondages qui imposent au peuple français le choix démocratique auquel ils ont droit, et croyez-moi, je serai la garante de la qualité de ce débat.

Ségolène Royal : « Il faut revenir rapidement au débat d’idées, pour que les Français puissent choisir, et que ce ne soient pas les sondages qui imposent au peuple français le choix démocratique auquel ils ont droit, et croyez-moi, je serai la garante de la qualité de ce débat »

Jean-Jacques Bourdin : bien. Matthieu Belliard, question des auditeurs de RMC. Matthieu.

Matthieu Belliard : bonjour. Après cette semaine, Jean-Christophe à Paris aimerait que vous éclaircissiez un point précis : oui ou non est-ce que vous êtes toujours candidate aux primaires socialistes ?

Jean-Jacques Bourdin : et vous irez au bout ?

Ségolène Royal : mais, vous savez, c’est toujours assez désagréable d’être obligée de réaffirmer, parce que les gens qui écoutent ce disent : mais qu’est-ce qui la fait avancer, pourquoi est-ce qu’elle est encore là, etc.

Je vais vous dire moi, j’ai donné une parole, je ne veux absolument pas lâcher ceux qui m’ont fait confiance et qui continuent à me faire confiance. Je me déplace dans toute la France, je suis enraciné sur le territoire, partout les salles sont combles, j’ai une capacité d’écoute, et je veux être la porte-parole de ceux qui justement n’ont pas la parole et qui n’arrivent pas à se faire entendre.

Et je veux leur dire qu’à l’expérience de mes responsabilités politiques, de celles que j’ai eues, dans lesquelles j’ai toujours été inspirée et guidée et poussée en avant par la morale de l’action, c’est-à-dire par le souci de me dire tous les jours : qu’est-ce que j’ai changé pour améliorer la vie en France, pour les Français, pour faire avancer le pays, par rapport aux responsabilités politiques que j’avais.

Je le fais actuellement dans la Région que je préside, et par exemple si dans le projet des socialistes il y a une proposition sur la création d’une banque publique pour aider les petites et moyennes entreprises, c’est parce que je sais que c’est efficace et que je l’ai expérimenté dans la Région, et que dans cette mutation écologique que j’évoquais tout à l’heure, dans les filières d’innovation, il y a du potentiel de création d’activité et d’emplois pour peu que les banques fassent leur travail.

Et comme elles ne le font pas, ce que je réformerai une des premières décisions que je prendrai si je suis élue présidente de la République, ce sera la réforme du système bancaire pour obliger, comme c’est le cas aux Etats-Unis d’Amérique, pour obliger les banques à enfin faire leur travail, pour lequel elles sont payées, c’est-à-dire aider les petites et moyennes entreprises à se développer, à innover et à augmenter les salaires.

Jean-Jacques Bourdin : eh bien merci Ségolène Royal d’être venue nous voir, il est 8h59.

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