3 minutes 30 de chute pour le Rio-Paris

27.05.2011 | 19:00

D’après les enquêteurs du BEA,  les pilotes du vol Rio-Paris ont vu s’afficher deux vitesses différentes pendant un peu  moins d’une minute, l’une d’elles indiquant une chute brutale.

Les boîtes noires du Rio-Paris

(c) SipaLes boîtes noires du Rio-Paris

D’après le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), qui a  publié, vendredi 27 mai, une note expliquant les circonstances de  l’accident du Rio-Paris ayant fait 228 morts en juin 2009, l’Airbus a bien décroché et sa descente a duré 3 minutes 30 avant de  toucher la surface de l’océan Atlantique.
Les pilotes ont vu s’afficher deux vitesses différentes pendant un peu moins d’une minute, l’une d’elles indiquant une chute brutale. Près de 2 minutes 30 avant la fin des enregistrements des boîtes noires,  l’un d’entre eux a dit: « On a aucune indication qui soit valable ».
Le commandant de bord est parti se reposer quelques minutes avant le début des incidents. Les copilotes ont tenté de l’appeler plusieurs fois avant qu’il ne rejoigne le poste de pilotage. Il n’a toutefois pas repris les commandes, restées jusqu’à la fin entre les mains d’un de ses copilotes, d’après ce qu’on dit les enquêteurs lors d’une conférence téléphonique.
L’irrégularité s’est produite peu après que l’A330 est rentré dans une zone de fortes turbulences, comme l’avaient annoncé les pilotes à l’équipage juste avant. « On devrait attaquer une zone où ça devrait bouger un peu plus que maintenant; il faudrait vous méfier là », a dit l’un d’eux au personnel navigant.
Sur un vol de ce type, l’équipage est composé d’un commandant de bord et de deux copilotes. Ils peuvent aller à tour de rôle se reposer à condition que deux d’entre eux restent aux commandes.

« Je ne comprends rien »

Les enquêteurs du BEA avaient choisi d’avancer en  partie leur calendrier en raison « des informations parcellaires et plus  ou moins contradictoires rapportées dans la presse », comme ils l’avaient expliqué la semaine dernière. L’analyse des boîtes noires, récupérées en pleine mer au début du mois, permettra d’en savoir encore plus sur les causes de ce mystérieux crash -fin juin, selon le secrétaire d’Etat aux Transports Thierry Mariani. « Fin juillet », a corrigé le BEA vendredi.
D’après des informations de France Info jeudi, un des trois pilotes du vol Air France Rio-Paris a dit « je ne comprends rien » au moment de la perte de contrôle de l’A330. Et, alors que l’avion « descendait vers la mer à une vitesse vertigineuse », « l’équipage a appliqué une procédure issue de sa formation, classique mais inadaptée et inefficace pour reprendre le contrôle de l’avion », selon France Info. Un des pilotes aurait dit: « je ne comprends rien ».
Jusqu’ici, les enquêteurs ont déterminé que le dysfonctionnement des sondes Pitot de mesure de vitesse de l’appareil, du fabricant Thales, était l’une des défaillances établies.

Nouvelle action en justice contre Airbus et Air France

Libération a publié ce vendredi la note d’expertise datée du 20 mars sur laquelle s’est appuyée la juge d’instruction dans l’enquête. « Tout d’abord, écrit le quotidien, les impacts de la panne sur les systèmes des Airbus sont ‘particulièrement déroutants’, taclent les experts. Privé de l’information de vitesse, l’ordinateur devient incapable de réaliser de nombreux calculs, ce qui fait disjoncter le pilote automatique ainsi que les systèmes qui protègent l’avion contre le décrochage. Résultat, les pilotes sont ‘déstabilisés par des alarmes multiples’. » La note critique également les procédures prévues par l’avionneur, et les défaillances d’Air France en matière d’information.
Par ailleurs, un collectif d’avocats français et brésiliens des familles de  victimes du vol Rio-Paris a annoncé jeudi avoir assigné Air France et Airbus en  référé devant la justice française en mettant en cause la conception  même de l’avion. Une démarche similaire sera engagée prochainement devant la  justice brésilienne. Le référé en France a été déposé le 13 mai devant le tribunal de grande instance de Toulouse.
Airbus et Air France sont déjà mis en examen pour homicides involontaires dans le volet judiciaire de ce dossier.

 

La « note d’expertise » datée du 20 mars

Publicités
Cet article a été publié dans fait divers, techno-science. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s