WASHINGTON – Le FMI face à un dilemme en Grèce

WASHINGTON – Le Fonds monétaire international est face à un dilemme en Grèce, devant choisir entre soutenir encore Athènes malgré des finances publiques de moins en moins sûres et laisser le pays livré à lui-même au risque d’une débâcle pour la zone euro.

Créé le 28/05/2011 à 12h30 — Mis à jour le 28/05/2011 à 12h38

L’institution de Washington a une équipe à Athènes qui discute des conditions du versement d’une cinquième tranche d’un prêt de 30 milliards d’euros, qui devrait être le plus grand jamais versé s’il va à son terme.

Cette mission cruciale a commencé le 10 mai, soit quatre jours avant l’arrestation du directeur général du Fonds, Dominique Strauss-Kahn, et s’étire sur des longueurs inhabituelles. Il n’y a aucune certitude sur son issue.

Interrogé à Deauville (France) vendredi par la chaîne de télévision Bloomberg TV, le directeur général par intérim du FMI, John Lipsky, est resté évasif.

« C’est assez simple: il y a des conditions et des critères à remplir pour le versement de fonds, et nos fonctionnaires en collaboration avec leurs homologues européens sont à Athènes actuellement en train d’en discuter avec les autorités grecques », a-t-il indiqué.

Le FMI ne rend traditionnellement pas publics ses conditions et critères. Mais selon un principe général, l’Etat membre aidé doit garantir qu’à un horizon prévisible, il a les financements pour faire face à ses obligations. En d’autres termes, le Fonds ne soutient que les pays qui ont les moyens de le rembourser.

« Nous ne prêtons jamais, et notre conseil d’administration ne nous laisse jamais prêter, quand nous n’avons pas l’assurance (…) qu’il n’y aura pas d’écart » entre sources de financement et dépenses, expliquait jeudi la porte-parole du Fonds, Caroline Atkinson.

Pour le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, cette condition risque de coincer. « Je doute que la troïka (FMI, Commission et Banque centrale européennes) arrive à la conclusion que tel est le cas », a-t-il déclaré jeudi.

Les comptes de la Grèce sont dans un état particulièrement inquiétant. Le pays est incapable d’emprunter à moyen ou long terme. Il a promis, sous la pression de ses bailleurs de fonds, de réaliser des privatisations susceptibles de rapporter 50 milliards d’euros, mais aucun plan détaillé n’est prêt.

Cela a-t-il encore un sens pour le FMI de croire à un redressement, quand beaucoup de créanciers s’attendent à perdre une partie des sommes qui leur sont dues?

Selon une source au courant des négociations, le Fonds n’a aucune envie de laisser tomber Athènes. Mais il ne voit pas dans le plan actuel du gouvernement d’engagements suffisants pour honorer toutes les dettes de la Grèce.

Pour Adam Lerrick, un économiste de l’American Enterprise Institute, l’institution paie des erreurs commises il y a un an.

« Les Grecs ont travaillé dur, bien plus dur qu’on ne le prévoyait généralement. Mais le fait est que des conditions n’ont pas été remplies. C’est parce que le programme était mal conçu dès le départ (…) Pour inspirer de la confiance, un programme du FMI doit être entièrement financé du début à la fin », a-t-il expliqué.

Le FMI prévoyait en effet un retour de la Grèce sur les marchés de la dette en 2012. Cette éventualité est aujourd’hui inenvisageable, et le trou doit être comblé d’une manière ou d’une autre.

« Au final, le Fonds prêtera l’argent. La Grèce, l’Europe et le FMI se mettront d’accord sur un nouveau programme. Les Grecs feront de nouvelles promesses, et les Européens et le FMI accepteront des conditions plus souples », a parié M. Lerrick.

© 2011 AFP
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