De la sortie de l’atome allemand à la crise du concombre, une semaine d’industrie

Le 04 juin 2011 par Ana Lutzky

Dans 10 ans, plus aucun réacteur ne fonctionnera en territoire allemand. Une décision qui a causé des remous et marqué le secteur énergétique cette semaine, tandis que Renault nomme son numéro deux. La loi sur les gaz de schiste poursuit son parcours parlementaire plus lentement que prévu, en milieu de semaine. Mais c’est surtout la bactérie E-coli qui a semé le trouble dans toute l’Europe. Retour sur une semaine d’industrie.

Le fil rouge de la semaine
Stupeur en début de semaine : une bactérie E-coli est à l’ origine de dix décès, et de plusieurs centaines d’hospitalisations outre-Rhin. Berlin met d’abord en accusation une variété de concombres produite en Espagne, à tort. Plongeant les deux pays dans un imbroglio diplomatique. Le doute subsiste quant à l’origine et au mode de diffusion de la bactérie. « Généralement, quand on remonte la contamination, on trouve des animaux« , indique à ce propos Gilles Salvat. Il est directeur du laboratoire Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) de Ploufragan-Plouzané (Finistère), et spécialisé sur la qualité sanitaire des denrées animales.

Suite à l’épidémie meurtrière, les experts analysent la bactérie visée, qui est une nouvelle souche hautement toxique. Or la souche de la bactérie n’est pas retrouvée dans les tests pratiqués en Allemagne sur les concombres d’origine espagnole, suspectés d’être les vecteurs de la maladie. Ledit concombre n’y serait donc pour rien. Les autorités espagnoles réclament aussitôt réparation. Parallèlement, la crainte de contamination augmente et crée des tensions entre l’Union européenne et la Russie.

L’affaire coûte très cher aux maraîchers espagnols et français, qui accumulent les invendus et craignent une guerre des prix. L’industrie de la viande  est pour sa part toujours vigilante. Elle a déjà vécu une épidémie de E-coli liée aux steak-hachés en 2005, et ne compte plus se laisser dépasser.

Lundi 30 mai
L’Allemagne décide de sortir du nucléaire face à la catastrophe survenue à Fukushima au Japon le 11 mars dernier. L’annonce recueille des réactions contrastées à travers toute l’Europe.  Les deux principaux opérateurs du nucléaire en Allemagne, EON et RWE, ne décolèrent pas. Tandis qu’EON souhaite attaquer en justice la décision du gouvernement,  RWE critique vertement cette atteinte à la compétitivité germanique. Rien ne sera plus comme avant ?  A prévoir, une hausse des prix énergétiques pour toute l’Europe, et des tensions sur la sécurité d’approvisionnement, tout comme un essor des technologies décarbonnées.

Par ailleurs, Carlos Tavares devient numéro deux de Renault. Homme de Ghosn, il était jusqu’à présent patron de la zone Amérique pour Nissan. Il reprend le poste de Patrick Pélata, contraint à la démission suite à l’affaire d’espionnage présumé de début d’année. Carlos Tavares confie d’ailleurs que sa première mission sera de rétablir la sérénité au sein du groupe.

Mardi 31 mai
La SNCF allume des contrefeux sur ses nouveaux Transiliens. Alors que les dysfonctionnements se poursuivent sur les nouvelles rames, le groupe rejette la responsabilité sur son fournisseur Bombardier.

Mercredi 1er juin
L’Usine Nouvelle dévoile l’édition 2011 du Trophée des usines, organisée avec l’Insead. Deux sites industriels reçoivent les honneurs : le site Airbus à Saint-Eloi, et Timac à Saint-Malo. Chacun, à sa manière, a su tirer parti de leurs contraintes pour améliorer leurs performances. L’Arabie Saoudite annonce pour sa part vouloir construire 16 réacteurs nucléaires.

Jeudi 2 juin
Le vote sur les gaz de schiste est lancé, mais traîne en longueur. Jeudi matin, les sénateurs n’ont pas fini l’examen du texte de loi portant sur l’interdiction de la technique de fracturation hydraulique. Rendez-vous est donc pris pour le 8 juin prochain pour connaitre la date de reprise des débats.

Vendredi 3 juin
Les jeunes ingénieurs espagnols rêvent d’ailleurs. S’ils sont mieux lotis que la plupart des indignés de la Puerta del Sol, leurs salaires ont stagné, tout comme leurs perspectives d’évolution. Qu’à cela ne tienne : voisins européens et recruteurs asiatiques se bousculent au portillon pour les débaucher.

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