Rude début de bataille Hulot-Joly chez les écologistes

Par Thierry Lévêque | Reuters

LA ROCHELLE (Reuters) – La bataille interne des écologistes français pour la candidature à la présidentielle a rudement débuté samedi avec une passe d’armes entre les deux principaux postulants sur l’idée un rapprochement éventuel avec le centriste Jean-Louis Borloo.

Cet idée de partenariat, évoquée vendredi par l’animateur de télévision Nicolas Hulot, 56 ans, puis relativisée samedi, a dominé le premier congrès fédéral d’Europe Ecologie-Les Verts, parti créé en novembre dernier par l’union de diverses branches écologistes et qui espère une percée en 2012.

L’idée d’un rapprochement avec l’ancien ministre de l’Environnement qui a quitté le gouvernement en fin d’année dernière, a été vivement critiquée par l’ancienne magistrate Eva Joly, 67 ans, pour qui son rival s’est discrédité.

« Je pense que dans une campagne, il faut savoir distinguer entre ses alliés et ses adversaires. Jean-Louis Borloo est le meilleur élève de Nicolas Sarkozy, il a trahi les valeurs des radicaux. Ce qu’a fait Nicolas Hulot, pour moi, le disqualifie », a-t-elle dit aux journalistes.

La secrétaire nationale, Cécile Duflot, a également fustigé l’option Borloo à son arrivée au congrès de La Rochelle (Charente-Maritime), qui devait consacrer sa reconduction, déjà acquise par un vote interne la semaine dernière.

« La position d’Europe Ecologie-Les Verts est très claire: aucune alliance avec aucun représentant de la majorité présidentielle quel qu’il soit, fut-il sympathique », a-t-elle dit, estimant que Nicolas Hulot s’était montré en parlant de cette option « un peu ramolli en fin de soirée ».

La primaire commence officiellement lundi à Toulouse avec un premier débat. Les citoyens approuvant les valeurs écologistes et prêts à payer au moins dix euros voteront électroniquement à partir du 15 juin sur le site http://primairedelecologie.fr et par correspondance.

Les résultats du premier tour seront proclamés le 29 juin, avec un second tour éventuel jusqu’au 12 juillet. Trois débats se dérouleront, l’un le 6 juin à Toulouse, le second 9 juin à Paris et enfin le 15 juin à Lille.

HULOT PARLE « D’INTERPRÉTATION »

Après de premières déclarations vendredi où il évoquait la possibilité d’un tandem avec Jean-Louis Borloo pour 2012, Nicolas Hulot a réitéré samedi sa préférence pour un partenariat avec les socialistes, tout en cultivant l’ambiguïté.

« La cohérence et la logique aujourd’hui, c’est envisager plutôt un partenariat avec les socialistes », a-t-il dit sur Europe 1.

A son arrivée au congrès, le leader écologiste a refusé toute déclaration et parlé « d’interprétation » de ses propos de la veille.

Il ne semble toujours pas écarter l’idée d’un rapprochement avec Jean-Louis Borloo avec lequel il avait mené en 2007 le « Grenelle de l’environnement », ensemble de promesses de réformes écologistes du gouvernement Fillon que les écologistes jugent aujourd’hui trahies.

« Si Jean-Louis Borloo veut nous rejoindre, je ne vois pas pourquoi on lui fermerait la porte », a-t-il expliqué.

Eva Joly a aussitôt rappelé devant les journalistes qu’elle voyait Jean-Louis Borloo comme celui qui avait soutenu les injustices fiscales, la politique sécuritaire et les options énergétiques comme les gaz de schistes.

Dans la campagne interne de ce parti de 17.000 militants, Nicolas Hulot avait déjà le handicap d’apparaître aux yeux des écologistes orthodoxes comme le salarié de TF1 et le porteur d’une « vogue » écologiste ambiguë, soutenue par les grandes entreprises qui ont financé sa fondation.

Il a tenté de redresser cette image en se prononçant clairement pour l’abandon du nucléaire, mais Eva Joly, qui fut dans les années 1990 et 2000 une des magistrates les plus en vue de France, n’a pas manqué de souligner le problème d’image de son rival.

Cette Norvégienne d’origine, née Gro Farseth, qui s’installa en France comme fille au pair, a également mené campagne en se distanciant de l’image de défenseur de la nature parfois jugée naïve de Nicolas Hulot.

A son arrivée au congrès, elle a moqué aussi la popularité de son rival, vedette de la télévision. « C’est assez courant de confondre popularité et crédibilité », a-t-elle dit.

Edité par Gérard bon

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